L’aquarium dispersé.

Il y a pas mal de personnes qui, bien avant mon article sur la théorie de l’aquarium, avaient fait quelques pas pour sortir de cet environnement hautement artificialisé. Ils avaient notamment quitté leur petit appartement parisien pour une maison achetée à crédit dans les Yvelines ou en Seine-et-Marne.

(note métodologique: ici je parle de Paris, mais le discours est valable pour toutes les grandes villes).

Chaque jour, ils quittent leur maison, ils marchent ou conduisent jusqu’à la gare, ils prennent le RER qui le conduit à Paris, puis le métro qui les amène à leur travail. Et le soir, rebelote à l’envers.

Les trois heures de pendularisme journalier sont compensés par la proximité de la campagne le samedi et les dimanche.

Et, pour les plus chanceux, d’une piscine dans le jardin.

Par rapport à ceux qui vivent 7 jours sur 7 en plein Paris, c’est déjà une nette amélioration. Il n’y a pas besoin d’écouter les débats inutils des parisiens qui vivent sous cloche, il y a la campagne à proximité, et on peut profiter de la nature 2 jours par semaine.

Et quand l’aquarium parisien a commencé à dysfonctionner en mars 2020, les habitants des Yvelines s’en sont sortis mieux que les parisiens. Ils devaient toujours rentrer à la maison en courant après le travail, ils devaient toujours subir le couvre-feu à 18h, mais ils pouvaient profiter de leur jardin. Et la fermeture des restaurant et des lieux culturels ne le touchait pas plus que ça. Même avec les restaurants fermés, il y a toujours plein de choses à faire à la campagne.

Si la crise devrait se poursuivre, (e tous les signes indiquent que la crise se poursuivra) la situation risque d’empirer aussi pour eux. Le style de vie semi-campagnard de la grande banlieue est toujours dépendant des places de travail parisiennes et de la possibilité d’y accéder facilement. Si la situation en Ville de Paris devient intenable, et les entreprises parisiennes commencent à licencier et à délocaliser ailleurs, tout le style de vie de la grande banlieue pourrait prendre un coup. Les familles perdraient leur sources de revenu et elles ne pourraient plus payer le crédit de leurs maisons. Sans l’apport de l’economie parisienne, toute l’économie de la région en prendrait un sale coup, et péricliterait au bout de quelques mois.

Malgré son cadre de vie apparemment sain, la Grande Banlieue est toujours dépendante de l’aquarium parisien.

Il faut imaginer la région comme une série de vases communicants. Au centre, nous avons le grand aquarium parisien, avec son moteur, son filtre à eau et sa machine à nourrir les poissons. Et tout autour, une série d’aquarium plus petits, à l’infrastructure plus simple, mais aussi artificiels que l’aquarium principal. Si l’aquarium principal se porte bien, tous les autres prospèrent. Si l’aquarium principal décline, tous les autres le suivent dans son déclin.

Quoi faire pour sortir de ce modèle?

Heureusement, en Grande Banlieue, il y a plusieurs moyens pour transformer sa vie et la rendre plus durable. Allons voir ce qu’on peut faire.

  1. Éliminer les dettes, et créer un fonds d’épargne.

La première chose à faire pour rendre sa situation plus durable est d’éliminer les dettes. Tout le système de crédit se base sur le fait que les révenus des ménages sont constants dans le temps: ceci était valable en 1960, quand l’économie était en pleine expansion. Maintenant nous sommes dans une phase de contraction, et personne n’est à l’abri d’un licenciement ou d’une réduction de salaire. Donc, mieux vaut rembourser ses dettes au plus vite, et éviter d’en faire des nouvelles.

Une fois remboursés les dettes, il faut aussi créer un fonds d’épargne, qui puisse couvrir l’équivalent d’1-2 ans de salaire. De cette manière, même si le travail en ville venait à manquer, on pourra toujours nourrir la famille.

  1. Diversifier ses sources de revenu.

Le grand problème de la Grande Banlieue est la dépendance à un seul centre d’emploi. Pour éviter cette dépendance, il faut diversifier les sources de revenu. On peut, par exemple, monter une petite entreprise à côté de son travail principal: cette entreprise devrait s’adresser à une clientèle complétement différente de celle du travail principal et, si possible, située dans une autre ville.

L’idéal serait d’avoir trois business, le plus possible différents l’un de l’autre.

  1. Transformer les jardins en lieux de production alimentaire.

L’avantage d’un jardin est qu’on peut l’utiliser pour la production alimentaire. Avec un millier de m2 on peut faire une jolie plantation de légumes, élever des poules, des cailles et des lapins, et soubvenir ainsi à ses besoins alimentaires de base.

  1. Créer des liens avec le voisinage et le village.

Dans les villages de la Grande Banlieue, les gens sont souvent trop occupés pour créer des liens avec le voisinage. Ils passent la semaine à courir à gauche et à droite, et le weekend ils sont souvent trop fatigués pour réseauter avec les voisins.

Prendre le temps pour réseauter est une excellente stratégie pour augmenter sa propre résilience en temps de crise. Si, par exemple, les écoles commencent à dysfonctionner, on peut toujours s’organiser entre parents pour trouver des solutions alternatives pour l’éducation des enfants. Et les voisines sont les premiers clients pour les business alternatifs et pour les produits de la ferme.

  1. Moins de biens, plus de liens!

Dans cette période de crise, mieux vaut réduire sa consommation au strict minimum, et concentrer ses ressources, humaines etr matérielles dans le développement de son entreprise et dans le développement de liens sociaux. Donc:

  • Au lieu d’aller au restaurant on peur organiser un grand repas chez soi (les grandes salles à manger s’y prètent à merveille)
  • Au lieu d’aller au musée ou au théatre, on peut organiser chez soi des ateliers artistiques.
  • Au lieu de partir en vacances à l’autre bout du monde, on peut organiser une balade en campagne près de chez soi.
le résultat d’un de mes ateliers artistiques.

Et, parmi les résultats de cette démarche, il y aura aussi le fait de ne plus devoir prendre le RER tous les jours, et de pouvoir enfin profiter de la campagne.

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